Thursday, February 16, 2012

Mémoire

Je viens de trouver ce petit essaie que j'ai écrit au but de mon séjour à Bruxelles.  C'est incroyable que ça fait déjà presque 5 ans que j'ai quitté la Belgique, mais j'ai eu la bonne chance de rendre visite déjà une fois - l'année passée - et j'y rentre dans deux semaines!

Cela est un bon reflection sur le temps passé là-bas; je pense que c'est évident que c'est voyage à été pendant une période tellement important pour le développement personnel et confiance en soi.


« Je descends de l’avion avec tous les autres. Je suis prête avec mon passeport et mon visa. Après plus de vingt heures sur l’avion il me semblait que le moment n’arriverait jamais. Mais voilà, je suis là. Fatiguée, même épuisée, j’essaie de garder un esprit d’aventure. 
Sortant du bureau de la douane, je rentre dans une salle pleine de gens qui semblent parler mille langues différentes, dont je ne connais aucune. Un groupe m’approche, ils me rattrapent, ils m’embrassent chacun à son tour. Je suis surprise, étonnée : pourquoi sont-ils aussi intimes ? Je ne les jamais vus auparavant ! Je compte huit personnes, ce doit être ma nouvelle famille. Ils semblent sympas, mais je ne comprends qu’un ou deux mots de chaque phrase. Après quelques minutes je les suis dehors. Dans le parking je suis perdue. Je vois des milliers de voitures, toutes tellement petites qu’elles paraissent appartenir à une maison de poupée, à un monde de poupée. C’est quoi ces marques ? J’ai l’impression d’être sur une autre planète. 
En voiture je me retrouve coincée entre deux sièges d’enfant. Les petits s’énervent quand je ne réponds pas aux deux cents questions qu’ils me lancent toutes à la fois. J’essaie de réciter quelque chose, n’importe quoi suffirait à ce point, mais ils s’ennuient et commencent à se chamailler. Cela fait 35 heures que je n’ai pas dormi, et ma maison, ma famille, ma vie semblent être à l’autre bout du monde. »
Voilà, un extrait de mon journal au temps de mon arrivée en Belgique. Je n’avais jamais voyagé hors d’Amérique du Nord avant ce jour-là, et j’étais tellement choquée par ce nouveau monde. Pendant la première journée, et les neuf mois qui suivraient, chaque petite découverte quotidienne m’intégrerait dans la culture européenne. En y réfléchissant, il y a trois phases bien définies que j’ai connues cette année.

La première étape est un sentiment d’excitation, accompagné par le choc culturel. J’ai été inondée d’une façon de vivre toute nouvelle. Je ne savais pas encore si j’aimais ce changement, mais l’esprit de l’inconnu donnait à la vie une nouvelle intrigue. Cette période a duré trois mois, pendant lesquels je me suis habituée à un nouvel horaire, un nouveau régime et des nouvelles activités. 
Je me suis retrouvée dans une situation dans laquelle j’ai été réduite à être un bébé. Pendant toute sa vie on développe des compétences de survie dans une culture donnée, pour s’adapter à une société au fur et à mesure qu’elle change et développe elle-même. Mais quand on est jeté dans une autre société, toute nouvelle et inconnue, c’est difficile de savoir où commencer. Ce phénomène existe à plusieurs niveaux. J’ai utilisé la société comme exemple, mais cela m’est arrivé à la maison, à l’école, etc. Bref, pendant cette première phase on est un peu perdu mais assez distrait par toutes ces nouvelles expériences, si bien que ce n’est pas embêtant.

Pour moi la deuxième phase était la pire. Après trois mois je n’étais pas contente de mes progrès en français, et cela me frustrait. J’étais toujours aussi timide à l’école comme le début, et je n’avais pas d’amis du même genre qu’aux Etats-Unis. Je sentais que ma personnalité avait complètement changé ; je n’étais plus une joyeuse petite fille qui adorait la vie et tout ce qui est dedans. Toutes les petites découvertes du nouveau monde étaient devenues vielles ; cela ne m’intéressait plus. Il y avait encore tellement de choses que je ne comprenais pas en français et il semblait que la facilité d’élocution n’arriverait jamais. Je ne voulais plus être en Belgique où il pleuvait tous les jours sans soleil. Mon anniversaire s’est passé en novembre, et puis ma fête préférée « Thanksgiving » qu’on ne fête même pas ici. Je ne pensais qu’à ma propre famille et à ma vie ancienne. Tout d’un coup, je me souvenais de toutes les choses que j’avais laissées là-bas, et cela m’a déprimé de plus en plus. C’était ce jour-là que je me suis rendu compte de tous ces changements qui avaient eu lieu à l’intérieur de moi au cours des mois qui précédaient et je ne les aimais pas du tout.
Alors je me suis replongée dans la réalité et j’ai décidé que ce n’est pas trop tard de profiter de la Belgique. Je me suis forcée à m’engager dans ma famille d’accueil et à l’école malgré mes craintes. J’ai fourni encore plus d’efforts en français. Même que j’étais gênée quand je faisais des fautes en conversation, je savais que cela devrait s’améliorer après un certain temps. Et puis est venu le jour où je suis rentrée dans le salon, me suis mise devant la télévision, et ai tout à fait compris. Après tout, j’étais si fière d’avoir atteint mon plus grand but de cette année.
Ce jour-là la troisième étape est arrivée. J’ai passé Noël avec ma grande famille belge et c’était vraiment magnifique. J’étais incluse dans toutes les traditions et festivités, traitée exactement comme les autres enfants. Même que j’avais l’habitude de passer cette semaine importante avec ma famille naturelle, j’étais d’accord d’être loin d’eux cette année parce que je sentais que j’appartenais à une nouvelle famille ici.

En avril mes parents sont venus des Etats-Unis me rendre visite pendant trois semaines. J’ai eu le plaisir de les présenter à ma famille belge, mais j’avais du mal à m’exprimer dans ma langue maternelle. Non seulement je parle le français maintenant, mais je pense en français aussi ! Lors de ces trois semaines je me suis retrouvée presque aussi confondue et perdue qu’au début de cette année. J’avais pour le moment quatre parents et chacun attendait quelque chose de différent de moi. Mais cette fois je savais bien mieux que la dernière fois. Je leur ai dit mon problème, à tous les quatre. Et voilà le problème résolu.
Maintenant j’arrive au bout de mes derniers trois mois en Belgique. Il me reste encore plein de choses à faire, mais je suis déjà contente de mon expérience. Même si j’ai passé deux mois assez horribles, les autres compensent plus qu’il ne faut. J’ai eu des opportunités de voyager et découvrir un monde que je n’aurais jamais pu imaginer. Je me suis fait des amis dont la gentillesse et l’amitié resteront avec moi pour toujours. Dans un sens j’ai découvert d’autres côtés de moi.

Aujourd’hui j’ai un nouveau dilemme ; j’ai deux familles auxquelles j’appartiens presque également. Je me réjouis de rejoindre ma propre famille et ma vie aux Etats-Unis, mais ce sera dur de quitter cette merveilleuse famille belge qui m’aura accueilli pendant mon séjour. Ils m’ont accompagnée dans un voyage très spécial- je ne l’oublierai jamais !

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